En me relisant, j'apparais comme totalement dépressif. En fait, s'il est une vocation du blog que j'ai totalement intégrée, c'est celle de thérapeute muet. Ecrire, déverser comme la catharsis moderne ré-inventée. Alors que nos ancètres se droguaient joyeusement, au peyotl, au Roi Carnaval ou à Dieu. Peu importe le vecteur de l'ivresse, pourvu qu'on "décroche", qu'on oublie un instant, une nuit, parfois plus.
Soit, le week end dernier fut un décrochage permanent.
Ca ne soigne rien, ça permet de tenir, d'aller vers les décisions qui s'imposent.
Ca ne soigne rien, ça permet de continuer à sourire, y compris après l'ivresse.
Ces derniers temps, j'ai aimé :
- mes séances de massages chez le kiné, où je m'endors au bout d'un moment.
- la fin du dernier tome de Harry Potter, bataille magique magistrale,
littérature de haute volée. Je ne sais pas ce que donne la traduction
en français, mais, en anglais c'est du grand art : pas une phrase mal
balancée, une écriture précise, imagée et francophile, cinglante et
truffée d'humour comme les Anglais savent la trousser.
- la déliquescence du blog de l'infirmier le plus célèbre de France :
je ne sais pas ce qu'il prépare, mais son blog s'en ressent nettement.
Je ne paierai jamais pour un livre qui reprend tout ou partie d'un
blog, même s'il y a des bonus. Ron, pourtant prompt à donner la leçon
sur ce qui se fait ou pas, prend des curieuses libertés avec mes
repères moraux.
- les vins, foies gras et terrines de Marine (seins au vent et
incognito) (ne dois-je pas dire "incognita" d'ailleurs) et son Papa aux
Mille et Unes Vignes de Beaune. Allez-y, Goutez, tout est bon.
- penser à organiser une garden party d'hiver après le 19 août. Penser
à trouver un lieu d'accueil, éviter les salles municipales. J'ai souri
en pensant que je n'aurais pas à monter un barnum de 3 m x 8 m. Comme
si j'avais monté celui de la garden party de cet été ...
Plein de bisous !
Comme si finalement tout devait aboutir à ça.
Comme si en fait, de l'agression au début de dépression qui se profile et que je combats, il y avait cette évidence : je dois quitter mon job. Ce boulot me névrose, me nécrose, m'ennuie et me réduit. J'ai dû soigner mes dents, j'ai un nerf de pincé depuis plus d'un mois, une forme de diabète qui se profile, une surtension chronique.
Mon corps s'alourdit et se rebiffe, clame que tout le fatigue ... et j'ai mis des mois à l'écouter.
La lettre est prête, il est hors de question de démissionner, juste de négocier un bon départ.
Et je n'en termine pas de vous parler de mon ego abimé. Désolé.
Miss D. a trouvé ce blog par intuition, comme seule elle sait le faire. Je la reconnais bien là, et en même temps, ni le temps ni l'espace ne distendent notre lien. Premier étage de reconstruction : faire confiance à ceux qui vous aiment. Il y a eu d'autres preuves, mon anniversaire récent (toujours 28 ans, l'année prochaine, je concéderai 30 tout juste), la Vente des Vins des Hospices de Beaune ... tant et tant de joie dans la vie simple.
Plein de bisous !
A l'évidence, ce n'est pas ma semaine et sans doute pas mon mois non plus.
A cette foutue agression s'ajoute une surdose de travail. Je viens de me rendre compte que je ne peux pas travailler 100 heures par semaine. Impossible, mon cerveau lache, ma concentration vadrouille, mes mains ... heu, non, rien (oups).
Avec un effroi sombre, je me suis aperçu que j'avais peur dans le garage collectif où je range la voiture. Je ne me sens pas très bien quand je traverse la ville de nuit. Je scrute les recoins, avise les ombres. Ce n'est pas une angoisse particulière, c'est diffus, gênant, envahissant, lourd et moite.
Où est l'été passé ?
Où est le 19 août ? La légèreté, les rires, la folie douce de cette journée d'été ? La caravane qui grince et la musique ? Les verres qui s'entrechoquent de joie, les filles et les garçons déguisés ? La porte de la caravane qui s'ouvre dans un hurlement de rire (et une bite dans la bouche) (d'ailleurs, je déconseille de rire en suçant ou le contraire) et les derniers verre après son départ ? La torpeur de la pluie d'été et les amis si proches ?
Je vous souhaite un excellent week end.
Plein de bisous !
Que ce soit par e-mail, téléphone ou ici-même, j'ai reçu beaucoup de soutien.
Je répondrai à chacun dès que mon emploi du temps professionnel me le permettra.
Mais je tiens à faire savoir que la chaleur d'un signe de la main, d'un mot amical est le baume le plus doux que je connaisse aux plaies de toute sorte.
Encore merci,
Plein de bisous.
Ai-je inventé l'homophobie qui se dégageait de cette agression ?
Un commentaire, celui de Johaaann m'interpelle. Prouver l'intention de "casser du pédé" est assez difficile. Prouver que le sentiment homophobe latent pousse à des comportements agressifs inconscients l'est encore plus.
Pourtant, la haine que j'ai ressentie était là.
De toutes façons, elle existe. Un peu partout.
Johaaann, j'ai la chance d'avoir fait pas mal de sport, y compris des sports de combat, de mesurer 1.92 mètre et de peser (ouch' !) plus de 100 kilos presque harmonieusement répartis dont peu se sont plaints jusqu'ici. Il faut être stupide pour s'en prendre à moi autrement que par haine : je ne suis pas réputé pour ma finesse. Encore moins pour ma discrétion, il est vrai. J'ai mes moments de follitude stupide et mes moments de virilité basse et conne.
Par ailleurs, je tiens à te faire remarquer que je ne pense pas faire honte à la "communauté". Cette communauté a des défauts et des qualités comme toutes les autres. Pour ce qui nous concerne, elle a au moins le mérite d'exister et de protéger. Je ne pense pas crier au loup, je pense sincèrement avoir raison.
Je ne pense pas crier à l'homophobie quand il n'y en a pas : elle existe un peu partout. Le taux de suicide chez les jeunes homosexuels est de 8 à 13 fois supérieur à la moyenne nationale, déjà tristement élevée.
Alors faire honte ? Je ne pense pas. Pas plus que les folles à plumes de nos fiers défilés. Rappelle toi que ce sont des travelos qui, les premiers, sont sortis d'un bar célèbre (Le Stonewall) et ont infligé une correction à coup de sacs à main lestés de bouteilles aux flics qui venaient leur casser la gueule. La fierté est là. Pas la honte.
Plein de bisous.
Je ne pensais pas bloguer de nouveau. Je n'avais plus rien à dire et trop peu de temps pour le faire.
Pourtant, un événement m'y pousse. Le besoin est là, fort, prégnant et impitoyable.
Dans la nuit de samedi à dimanche, je me suis fait agresser en discothèque. Au milieu d'une discussion on ne peut plus calme au bar, un coup m'atteint à la pomette, me fait reculer. J'ai à peine le temps de frapper moi même pour repousser l'agresseur, les videurs font leur travail. Je suis incapable de reconnaître mon agresseur.
J'ai l'impression qu'ils étaient deux.
L'ami qui était avec moi s'en est moins bien tiré, mais les séquelles sont quasi nulles. Les séquelles physiques bien sûr.
Les séquelles psychologiques sont terribles. Je ne supporte pas la violence d'aucune sorte.
Je vais donc retrouver mes agresseurs et porter plainte. Pour
agression. Je vais ajouter le caractère homophobe à cette agression,
car elle était gratuite. Seule mon homosexualité peut expliquer la
haine que j'ai ressentie durant les quelques secondes que tout cela a
duré.
D'où le retour au blog. Parce que quelques secondes de violence peuvent avoir des conséquences gigantesques.
Je vais mal, je suis mal, partagé entre dégoût, colère, humiliation, vengeance.
Plein de bisous.